Tui Shou et Nei Gong

Le tuishou (chinois : 推手 ; pinyin : tuī shǒu ; Wade : t’ui shou ; litt. « main poussante »), souvent traduit en poussée des mains, est un exercice à deux prisé par les pratiquants de taijiquan. Il est le complément indispensable à l’apprentissage des enchaînements à mains nues et prépare également au combat sans règles.

Principes du Tui Shou

L’un des principaux objectifs du tuishou est de développer « l’écoute » entre partenaires (ting jing), de comprendre les forces que chacun exerce (dong jing), et de les transformer à son propre avantage (hua jing). L’expert devient finalement capable de renverser un adversaire plus lourd que lui, conformément au dicton : « quatre onces gouvernent mille livres (si liang bo qian jin) ». En pratique, une condition nécessaire est de maintenir un contact fin entre les bras des partenaires sans que celui-ci soit rompu lors des déplacements (zhan nian lian sui).

La pratique du tuishou peut être codifiée, à pieds fixes ou mobiles, dans le but d’exprimer de façon plus ou moins manifeste les huit portes (ba men) du tai ji quan : parer peng (掤), tirer lu (捋), presser ji (挤), appuyer an (按), cueillir cai (采), séparer lie (挒), coude zhou (肘), percuter kao (靠). Les partenaires se font alors face, les pieds avant séparés de quelques centimètres, les mains contrôlant coudes et poignets. Mais le tuishou peut aussi s’exercer plus librement, à la manière d’une lutte debout, les partenaires adoptant des règles convenues à l’avance.

Ce qu’il faut retenir c’est que la manière de combattre dans l’art du Tai Ji Quan – car il s’agit bien d’un art – est de coller à son adversaire, se mettre au plus près de lui, pour contrôler ses mouvements en adhérent à lui, à ses membres, à ses mains.

Lorsque l’on pratique le Tui Shou, il devient possible de contôler les axes de frappe, le centre de gravité de l’adversaire, de sentir ses zones de vides et donc de le pousser au moment de l’attaque. A ce moment, les mains, mais aussi le corps tout entier sont capables de ressentir là et où l’adversaire va attaquer et donc de le neutraliser pour mieux rediriger sa frappe afin de l’exposer à une contre attaque.
Les bienfaits de cette pratique sont à deux niveaux : santé et martial.

Bienfaits du Tui Shou pour la Santé :

La pratique du Tui Shou, développe le sens de l’écoute et de l’adaptabilité au partenaire, mais aussi mobilité et fluidité, du dos, des hanches et des genoux, Autrement dit, mieux vaut s’adapter et neutraliser une situation plutôt que d’entrer dans la confrontation en force. Situation qui est difficile pour les occidentaux, plus habitués à s’imposer et à forcer les résistances , ce qui est à l’opposée de la pensée chinoise. La pratique régulière développe certaines qualités tels l’écoute de soi et de l’autre, l’enracinement, la stabilité, le centrage.

Bénéfices du Tui Shou dans la pratique Martiale :

Le Tui Shou permet de guider les mouvements de l’adversaire en collant à ses gestes, contrôler son centre, créer des opportunités qui nous permettrons d’appliquer une technique de frappe (Ti Da), de projection (Shuai Jiao)  ou de contrôle articulaire (Qin Na). La mise en application de ces techniques doit se faire dans la fluidité afin de surprendre l’adversaire et limité sa capacité de réaction.

Le Tui Shou fait partie intégrante de l’enseignement traditionnel du Tai Ji Quan et est un outil de développement de l’écoute de soi et de mise en avant des qualités et points à améliorer de la pratique en solo. Il permet d’améliorer le travail de la forme (tao lu) et les qualités du pratiquant qui transparaitront durant la réalisation de celle-ci.

LE NEI GONG

Neigong, également orthographié nei kungneigung, , se réfère à l’un d’un ensemble de pratique utilisant la respiration , la méditation et une disciplines une pratique à visée spirituelle associée au taoïsme et en particulier les arts martiaux chinois. La pratique du Neigong est normalement associée au « style doux », « interne » ou nei jia des arts martiaux chinois, par opposition à la catégorie connue sous le nom de wai jia ou « arts martiaux externes » qui sont classiquement associés au shaolin quan ou « style dur », « externe » des arts martiaux chinois. Les deux ont beaucoup d’écoles, de disciplines et de pratiques différentes et historiquement il y a eu une influence mutuelle entre ces deux écoles et leurs principes sont complémentaires et la distinction n’est pas toujours si simple car chaque école cultive un des deux aspects.

Les techniques de nei gong peuvent avoir différents objectifs qui peuvent être à visé martial ou non martial. Pour les pratiques martiales, on retrouve différentes pratiques de Nei Gong , basées sur des méthodes de respiration et de concentration, dans certaines écoles traditionnelles de Taijiquan, Baguazhang Xingyiquan et Liuhebafa. 

En ce qui concerne les pratiques non martiales, on les retrouvent dans les méthodes de développement de l’énergie interne au sein des pratiques tel le Dao Yin et certaines pratiques de Qi Gong (respiration embryonnaire, méditation des immortelles taoïstes, …)

Les bienfaits découlant de ces pratiques sont multiples et vises le développement énergétique et spirituel, mais également l’amélioration des méthodes de combats, permettant au pratiquant d’améliorer la puissance de ses techniques